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Le SUT se mobilise pour garder le transport « public » en Ontario

Les sections locales du SUT en Ontario unissent leurs forces pour garder public le transport en commun avec sa campagne « Keep Transit Public ». Le gouvernement provincial de l’Ontario, dirigé par le Parti libéral, injecte des milliards de dollars dans l’infrastructure de transport en commun et dans l’expansion des services de l’agence de transport régional, Metrolinx.

Malheureusement, bon nombre de ces expansions de services sont réalisées dans le cadre de partenariats public-privé, ou PPP, qui utilisent des entreprises privées pour financer, dessiner, bâtir, opérer et maintenir (FDBOM) de nouveaux transports en commun. Le modèle P3 de Metrolinx exclut les organismes de transport en commun de ces nouveaux projets, transformant des systèmes intégrés de transport en commun en sociétés privées.

Les partenariats public-privé permettent aux gouvernements d’avoir l’air d’investir dans l’infrastructure et les services sans augmenter leur endettement. En fait, les coûts totaux sont souvent plus élevés, mais les PPP créent une illusion d’économies en répartissant les coûts sur une plus longue période.


Coûts réels dissimulés

Les gouvernements utilisent les PPP pour pouvoir faire état de budgets équilibrés avant les élections, les véritables coûts étant cachés jusqu’à ce que les dirigeants au pouvoir soient retraités de la fonction publique depuis longtemps. Les entreprises sont impatientes de s’engager dans des PPP pour gagner de l’argent sur des projets publics pour le rendement garanti sur leur investissement, avec des marges bénéficiaires garanties souvent stipulées dans leur contrat. Si ces bénéfices ne sont pas réalisés, les entreprises privées demandent souvent ‒ et reçoivent ‒ des subventions supplémentaires.

En fin de compte, les entreprises privées qui soumissionnent pour des projets de transport sont intéressées par une chose : générer un profit. Après que les contribuables les aient payés pour leurs services, ils maximisent leurs profits en réduisant les salaires et les avantages sociaux, ou en augmentant les tarifs et en réduisant les services (souvent les deux). Avec le transport privé, nos membres et le public sont lésés.

Puisque le gouvernement de l’Ontario utilise ce modèle partout dans la province, les dirigeants des sections locales du SUT en Ontario ont lancé une campagne appelée « Keep Transit Public » (Gardez public le transport en commun).


Une campagne à grande échelle

Avec le soutien des sections locales voisines, SUT Canada, l’International et la section locale 107 Hamilton (Ontario) ont lancé une campagne à grande échelle en juin. La ville de Hamilton a reçu un financement de 1 milliard de dollars pour un nouveau projet de train léger sur rail (TLR) en tant que P3 FDBOM.

La section locale 107 savait dès le départ que pour maintenir le transport public, elle devait s’associer avec les usagers. Mais comment une section locale de 700 membres peut-elle mettre sur pied une coalition et une campagne pour s’attaquer à une agence gouvernementale massive et au parti provincial au pouvoir?


Un contre un

Premièrement, les dirigeants syndicaux locaux et des bénévoles ont engagé des membres individuellement. Ils ont discuté de l’impact que la privatisation aurait sur le travail quotidien des membres et sur leur moyen de subsistance. Ensuite, nous avons offert un moyen de démarrer : une formation sur les enjeux et sur la façon d’engager les usagers.

Des dizaines de membres du SUT se sont portés volontaires pour assister à des formations au sujet de la campagne, dans les locaux du syndicat. Là, ils ont pris connaissance du plan d’ensemble de Metrolinx et ont appris comment le traduire en un message auquel les usagers réagiraient. Rapidement, les membres se sont inscrits pour discuter avec les usagers et les membres de la communauté aux arrêts d’autobus et à divers événements.

Leur travail acharné et leur dévouement ont porté fruit. Ils ont recueilli plus de 6 500 signatures de pétitions et des courriels qui ont été envoyés au conseil municipal, aux fonctionnaires provinciaux et au personnel de Metrolinx.

Ensuite, la section locale 107 a mobilisé les membres et les passagers pour pousser le conseil municipal de Hamilton à adopter une motion. Elle a demandé à Metrolinx d’autoriser l’agence de transport en commun local, HSR, à exploiter et à entretenir le TLR d’Hamilton. Les membres et les usagers se sont rassemblés à l’extérieur de l’hôtel de ville en compagnie des travailleurs du transport en commun et des usagers d’Hamilton et de la région du Grand Toronto – Hamilton.


« Première du genre »

Ils ont également appelé des conseillers afin de maintenir la pression. Cette manifestation de soutien public et de solidarité n’a donné d’autre choix au conseil municipal que d’adopter la résolution ‒ la première du genre ‒ exigeant que Metrolinx rende publics les opérations et l’entretien. 

Le modèle était simple : organiser les membres pour qu’ils puissent organiser leurs passagers. Ensuite, tous ensemble, ils utilisent leur pouvoir collectif pour amener le gouvernement à changer son modèle de prestation.

Maintenant que la campagne a réussi à forcer le conseil municipal de Hamilton, les sections locales 1572 – Mississauga, 1573 – Brampton, 1587 – Toronto chez GO Transit et 113 – Toronto ont lancé leurs propres campagnes publiques Keep Transit Public pour stopper la privatisation dans leurs communautés et aider à faire pression sur le gouvernement provincial pour qu’il cesse d’utiliser les PPP.


Amener le combat au prochain niveau

Au moment de l’impression de l’In Transit, le conseil municipal de Hamilton a voté à 15 contre 1 en faveur d’une nouvelle résolution pour que la section locale 107 représente les travailleurs du TLR. La section locale a également présenté une nouvelle déclaration des droits des passagers. Peut importe comment le dernier chapitre de Hamilton se terminera, les sections locales du SUT amènent déjà le combat au niveau suivant.

Les Ontariens iront aux urnes en juin dans le cadre des élections provinciales, puis de nouveau en octobre pour les élections municipales. Ces échéances imminentes ont souligné l’urgence politique de cette campagne.

La privatisation est l’une des plus grandes menaces auxquelles les travailleurs du transport en commun sont confrontés aujourd’hui ; mais les membres du SUT ne sont pas seuls. Avec d’autres syndicats et réseaux de travailleurs, comme la Fédération du travail de l’Ontario, le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario et le Syndicat canadien de la fonction publique, le SUT a promis de faire de la privatisation un enjeu majeur en 2018.