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Notes discordantes dans la « Music City » : qualité contre quantité de transports en commun à Nashville

Un nouveau projet d’expansion du transport en commun dans la ville plutôt mal desservie de Nashville au Tennessee est comme une douce musique aux oreilles de plusieurs. Malheureusement, le maire ne danse pas sur la même musique que les travailleurs locaux du transport en commun. La façon de procéder de la Ville aura des répercussions importantes sur la façon dont les travailleurs aborderont l’expansion du transport en commun, où qu’ils soient.

Pour comprendre ce qui se passe à Nashville, on doit comprendre la différence entre ceux qui demandent davantage de transports en commun et ceux qui demandent de bons transports en commun. Ce débat ressemble à celui touche le Travail depuis les cinquante dernières années : plus d’emplois ou plus de bons emplois ? 

Les travailleurs gagnent maintenant moins et travaillent plus que jamais. Les syndicats peuvent-ils célébrer la baisse des taux de chômage lorsque les nouveaux emplois créés sont pour la plupart à faible salaire, sans avantages sociaux et dans des industries nuisibles à la société dans son ensemble ? À quoi sert un emploi s’il ne permet pas de payer les factures ou d’améliorer le sort de nos communautés ?

Lorsque le docteur Martin Luther King fils s’est rendu à Memphis, il y a cinquante ans, pour s’adresser aux travailleurs de l’assainissement en grève, il a constaté des parallèles dans les luttes pour les droits civils et la justice économique. Dans son discours du 18 mars 1968, il déclarait : « Car nous savons qu’il ne suffit pas d’intégrer les comptoirs-repas. À quoi sert à un homme de pouvoir s’asseoir à un comptoir-repas intégré s’il n’a pas assez d’argent pour se payer un hamburger ? »

De même, cela ne suffit pas de créer un emploi si ce n’est pas un bon emploi. Cela ne suffit pas de créer une nouvelle ligne ferroviaire si ce n’est pas une bonne ligne ferroviaire. Alors, qui décide de ce qu’est un bon emploi ou un bon système de transport en commun ? 

Pour la section locale 1235 Nashville, TN et ses alliés de la People’s Alliance for Transit, Housing, and Employment (PATHE), la réponse est claire : c’est le peuple qui décide. Et la seule façon pour le peuple de se faire entendre est d’unir leurs voix.


« Let’s Move Nashville »

Leur cible est le maire de Nashville, Megan Barry, un démocrate qui a proposé le projet de transport en commun « Let’s Move Nashville » (Transportons Nashville) qui demande de nouveaux centres de transport en commun, plusieurs lignes ferroviaires, de nouvelles taxes pour soutenir le travail et une toute nouvelle agence pour superviser le tout.

Nashville a désespérément besoin de plus de services de transport en commun. Mais comme nous l’avons vu dans de nombreuses villes, un nouveau service de transport en commun mal implanté peut s’avérer nuisible. Si le nouveau système réintroduit la privatisation du transport en commun, se finance à partir d’impôt supplémentaire pour les pauvres au lieu des riches, suscite le développement du luxe en déplaçant les familles à faible revenu, ou se concentre uniquement sur les usagers de choix et non sur ceux qui dépendent du transport en commun, qui aide-t-il réellement ?

Les membres de la section locale 1235 ainsi que leurs partenaires de la PATHE ont un message simple pour le maire Barry : nous avons besoin d’un transport en commun et nous avons besoin qu’il soit bien fait.


Des emplois bien rémunérés, représentés par le SUT

La PATHE a formulé ses demandes, noir sur blanc, parmi lesquelles on retrouve :

  • la garantie que les nouveaux emplois dans le transport en commun seront des emplois du secteur public, bien rémunérés et représentés par le SUT
  • des intervalles de 10 minutes sur les quatorze trajets les plus achalandés et un prolongement des heures de service 
  • des détails sur la façon dont le maire prévoit livrer 31 000 unités de logement réellement abordables d’ici 2025

Ce qui préoccupe la PATHE est que sans ces engagements, « Let’s Move Nashville » deviendra un train d’embourgeoisement qui profitera aux usagers blancs, riches et privilégiés tout en déplaçant et en appauvrissant davantage les pauvres, les Afro-Américains et les résidents qui dépendent du transport en commun.

Le projet « Let’s Move Nashville » fera l’objet d’un référendum plus tard cette année avant d’être lancé dans un long processus de prise de décision. 


Les frères Koch s’opposent au référendum sur le transport en commun

Le référendum fait face à une vive opposition de la part des riches partisans de la droite qui préféreraient ne pas avoir de transport en commun. Au centre de l’arène dans le débat de Nashville se trouve le Libertarian Cato Institute, institution financée par les frères Koch, qui a le don de s’opposer à presque tous les débats locaux sur l’expansion des transports en commun, s’opposant aux investissements dans le service ferroviaire et d’autobus.

La section locale 1235 n’a aucunement l’intention de laisser ces milliardaires anti-transport public faire échouer ce projet. Avec l’appui de la PATHE, ils se concentrent à fond pour s’assurer que le projet du maire se concrétisera en un bon système de transport en commun, de bons logements et de bons emplois.