Media Center

Un procès trop peu connu menace les syndicats américains œuvrant dans le secteur public

La Cour suprême des États-Unis est sur le point de statuer sur une affaire trop peu médiatisée pouvant avoir des répercussions considérables sur les syndicats œuvrant dans le secteur public.  Dans l'affaire Harris contre Quinn, 3 préposés aux soins à domicile (sur un total de 20 000), représentés par la Caisse des services juridiques de l'organisme National Right to Work, contestent une loi de l'État de l'Illinois exigeant une adhésion à leur syndicat et le paiement de leurs cotisations.

Bien qu’une majorité incontestable des travailleurs concernés aient voté pour la syndicalisation en 2003, les plaignants affirment qu'il est inconstitutionnel de les « forcer » à joindre le syndicat, du fait qu'ils ne sont pas des employés de l'État représentés par des syndicats de l'Illinois, mais plutôt des employés de leurs patients sous le régime Médicaid.

Selon eux, la négociation collective est comparable à une pétition au gouvernement. Par conséquent, toujours selon eux, même s'ils sont des employés du secteur public, négocier en leur nom est un geste politique et ils ne devraient pas être contraints de payer une cotisation à cette fin.


Perdu dans la tourmente

Malheureusement, les avantages inhérents à l'organisation des préposés aux soins à domicile de l'Illinois s'en trouvent perdus dans la tourmente.

John A. Logan, professeur et directeur du programme d'étude sur le travail et l'emploi de l'Université d'État de San Francisco, publiait dans le journal The Hill du 29 mai le commentaire suivant :

« La syndicalisation et la négociation collective ont transformé la vie des préposés aux soins à domicile. Avant la négociation, les préposés de l'Illinois étaient payés 7 $ l'heure et n'obtenaient aucun avantage. Cette année, ils recevront 13 $ l'heure et des avantages. Selon l'organisme National Women's Law Center, les préposés aux soins à domicile syndiqués profitent d’une meilleure rémunération et d’avantages plus réguliers, de procédures de paiement plus efficaces, d’un processus de règlement des griefs, d’un meilleur accès à la formation et d’une plus grande voix au chapitre de la réglementation. Dans tous les États où a été accordé le droit à la négociation collective, les standards des préposés aux soins à domicile se sont améliorés. Cependant, fidèle à sa croisade idéologique contre les droits des travailleurs, l'organisme National Right to Work aimerait bien voir les travailleurs les plus vulnérables être relégués de nouveau à la pauvreté, ce qui renverserait toutes les améliorations faites aux soins de santé à domicile pour les personnes âgées et les patients handicapés. »


Répercussions

Si la Cour suprême en venait à statuer que les États ne peuvent pas exiger des employés du secteur public qu'ils joignent le syndicat créé par leurs collègues, les conséquences de cette décision devraient être évidentes pour tous.

Il ne fait aucun doute qu'il s'agit là d'une menace pour les employés syndiqués du secteur public et les bénéficiaires, et qu'elle pourrait également affecter les membres du SUT.

Je trouve étrange que le public ait montré aussi peu d'intérêt pour une affaire aussi importante.  Je contribue ainsi à vous sensibiliser à la cause, dans l'espoir que notre compréhension éclairée des principaux enjeux nous incitera tous à agir au moment opportun.

Voilà un exemple de geste à accomplir dans le cadre des mesures que nous continuerons d'entreprendre tout au long de l'année.