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Trump demande aux Américains de lui accorder une confiance aveugle

Saviez-vous que quatre des derniers présidents américains étaient gouverneurs avant de devenir présidents?

Les vice-présidents, les sénateurs et les membres du Congrès ont habituellement beaucoup plus de difficulté à s'introduire à la Maison-Blanche que les gouverneurs, car ils ont à défendre un plus long bilan concernant les enjeux nationaux.

Il est assez facile de retracer un vote ou un discours prononcé par de hauts fonctionnaires fédéraux ou des législateurs du Congrès qui pourrait les discréditer. Ce n'est pas si facile lorsque le candidat n'a pas encore eu à prendre de décisions au niveau national.

Le présumé candidat républicain dans la course à la présidence de cette année bénéficie également de cette absence d'historique de vote officiel. En fait, lorsqu'on lui rappelle un énoncé du passé qui contredit sa prise de position actuelle, Donald Trump réplique : « Je n'étais pas politicien à cette époque. »

De cette façon, il s'attend à être blanchi de tout ce qu'il aurait pu dire avant 2015. Astucieux, n'est-ce pas?


« Revisiter »

Mais, comme vous le savez probablement, il y a pire. Il demande aux électeurs d'ignorer le sens clair de ses paroles lorsqu'elles deviennent problématiques pour lui. Les commentateurs télé ont un euphémisme pour nommer ce genre d'opération : « revisiter un discours ».

Ses subordonnés héritent de la fastidieuse tâche qui consiste à expliquer en quoi ce qu'il vient de dire ne contredit pas ce qu'il a dit précédemment.

Ce n'est pas nouveau en politique américaine; cependant, le nombre de fois où l'équipe du Donald a eu à expliquer qu'il ne pensait pas vraiment ce qu'il a dit précédemment représente sûrement un record.

En temps normal, cela aurait détruit une campagne présidentielle plus d'une fois, mais les sympathisants du GOP de Trump ont clairement indiqué que cela leur est égal – ils ont simplement confiance en LUI.

Peu importe ce qu'il dit ou ce qu'il fait. Il n'a même pas besoin d'être un vrai conservateur. Ils le croient lorsqu'il affirme qu'il règlera tous les problèmes – tout simplement.

Nous avons déjà connu des candidats pragmatiques auparavant (souvenez-vous de H. Ross Perot et de son plan qui consistait à « ouvrir le capot de la voiture » et de se mettre à l'ouvrage). Même George Bush père dénigrait les demandes d'adopter un thème du genre « nouveau jour en Amérique » pour sa campagne – la qualifiant de « visionnaire ».


Libre de principes

Ces candidats nous demandent de mettre notre confiance dans leurs compétences administratives. Et comme tous les administrateurs, ils souhaitent avoir la flexibilité de prendre les décisions qu'ils jugent nécessaires, quelle que soit l'idéologie.

Les positions fuyantes de Donald Trump sur presque tous les enjeux qui importent aux Américains en témoignent.

Jamais je ne dirais à nos membres pour qui voter. Mais je sens qu'il est de mon devoir d'alerter nos membres américains qu'un vote pour Donald Trump n'est pas un vote à l'égard d'une quelconque position politique. Il s'agit plutôt d'un acte de confiance aveugle envers un homme qui ne se sentira jamais restreint par quels que principes que ce soit.