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LES HÉROS DU SUT LE DÉPASSEMENT DE SOI

À travers l'histoire du SUT, ses membres ont souvent été reconnus pour avoir fourni un refuge sûr à des personnes en danger. Ils s'acquittent d'une tâche non officielle, mais indispensable : être les yeux et les oreilles des communautés qu'ils desservent.

Depuis les vingt dernières années, cependant, les conducteurs eux-mêmes sont de plus en plus les cibles d'agressions violentes qui rendraient la plupart des gens méfiants de faire quoi que ce soit qui augmenterait le risque d'être blessé.

Néanmoins, cela n'empêche pas les conducteurs du SUT de risquer leur propre sécurité pour sauver du danger des citoyens qu'ils croisent le long de leur trajet, des citoyens souvent ignorés par les autres passants.

Malheureusement, si l'on se fie aux rapports reçus à l'International, le nombre et la gravité des incidents semblent être en hausse, et nos braves membres du SUT continuent d'aider et de secourir sur une base quotidienne ceux et celles qui sont dans le besoin ou en danger.


« Je me battrai pour toi »

La conductrice d'autobus du Milwaukee County Transit System (MCTS), au Wisconsin, Sharon Chambers, du 998, est honorée pour son intervention rapide auprès d'une jeune fille de 15 ans tentant d'échapper à un homme qui avait essayé de la faire monter dans sa voiture, qui la harcelait et qui la suivait.

Chambers s'apprêtait à repartir d'un arrêt lorsqu'elle a aperçu la jeune fille qui faisait signe dans sa direction.

« Lorsqu'elle s'est approchée de l'autobus, j'ai vu qu'elle pleurait », raconte Chambers. « Je lui ai dit de monter et je lui ai fait savoir que personne ne s'en prendra à elle tant qu'elle sera dans mon autobus. »


« Tu es en sécurité »

Chambers s'est éloignée du secteur, au cas où l'homme serait toujours à leur poursuite, et a appelé le répartiteur du MCTS qui, à son tour, a averti la police de Milwaukee. Chambers a conduit son autobus jusqu'au point de rencontre avec la police et le personnel du MCTS.

En attendant l'arrivée de la police, Chambers a appelé la grand-mère de la jeune fille pour lui raconter l'incident et a rassuré la jeune fille en lui disant : « Ne t'inquiète pas. Tu es en sécurité. Je me battrai pour toi, personne ne te fera de mal. » 

« Sharon, ainsi que tous les valeureux employés du MCTS et du comté de Milwaukee, me rend fier de vivre à Milwaukee et de servir en tant que directeur de comté, » déclare le directeur de comté Chris Abele. Le MCTS déclare recevoir des centaines d'éloges par année à l'égard de ses conducteurs.


« J'ai fait ce que tout être humain aurait fait »

Le conducteur d'OC Transpo Dan Stoddard, du 279, dit qu'il a agi instinctivement : « J'ai fait ce que je devais faire ».

Lors d'un trajet régulier, Stoddard a remarqué une jeune femme dans un abri d'autobus, à 1 h du matin. Lorsqu'il s'est arrêté et que la jeune femme n'est pas montée, il savait que quelque chose n'allait pas.

À force d'encouragements, Stoddard a réussi à convaincre la femme, à moitié dénudée et en détresse évidente, de monter dans son autobus. Il a ensuite téléphoné au service de sécurité de la société de transport et conduit son autobus jusqu'au terminal le plus près.


« J'ai aidé du mieux que j'ai pu. »

Il a demandé aux deux autres passagers mâles d'aller s'assoir à l'arrière de l'autobus; il a ensuite pris place à l'avant, réconfortant la femme en attendant l'arrivée de la police et du service de sécurité. Elle lui a confié avoir été agressée physiquement et verbalement.

« Est-ce que je connais tous les détails de l'agression? Non. Avait-elle besoin d'aide? Oui. » déclare Stoddard. « J'ai aidé du mieux que je le pouvais. Je n'ai rien fait d'extraordinaire; j'ai fait ce que tout être humain devrait faire. »

L'un des deux autres passagers était émerveillé par le geste de Stoddard. « Les gens n'entendent jamais parler des bonnes actions qu'ils font. » Il a pris une photo de Stoddard et de la femme en pleine conversation et cette photo est devenue virale.


« Ne rien faire n'était pas une option »

Le conducteur Alain Charette, du 279 – Ottawa, ON, est salué pour sa bravoure alors qu'il a défendu une femme musulmane à bord de son autobus.

La jeune femme portant un niqab/burqa était montée dans son autobus. Un homme assis près d'elle s'est mis à faire des remarques désobligeantes et islamophobes auprès des autres passagers. Elle lui a alors dit que s'il avait quelque chose à dire, il pouvait le lui dire directement, pas aux autres passagers.

L'homme n'arrêtait pas. « Il me traitait continuellement de bizarre et de terroriste. Il m'a même crié de m'assimiler », raconte la jeune femme.

En entendant cet échange houleux, Charette a rapidement arrêté son autobus et s'est porté au secours de la femme, déclarant qu'il avait averti les autorités. « Je lui ai laissé le choix de descendre de l'autobus ou d'attendre le service de sécurité, mais que de toute façon, quelque chose allait se produire » dit Charette. « Des renforts seront ici sous peu; mais en attendant, laissez cette femme tranquille. »

L'homme a alors répondu au conducteur qu'il n'y avait pas de problème, qu'il aimait les chrétiens, les musulmans et les juifs, et que de toute façon, il allait descendre de l'autobus.

La jeune femme a remercié Charette d'avoir pris sa défense et celle de sa communauté islamique. Il a répondu qu'il était de son devoir de s'exprimer. « Le racisme blesse les gens en abaissant le niveau d'humanité de notre société », déclare Charette. « Ne rien faire n'était pas une option. »


« Nous sommes incroyablement reconnaissants »

Le 30 avril dernier, un peu avant 9 h 30, le conducteur Ari Megaro, du 192 – Oakland, CA, effectuait son trajet lorsqu'il a observé un petit garçon seul, en planche à roulettes, qui semblait suivre son autobus en roulant sur le trottoir. Pressentant une situation potentiellement dangereuse, le conducteur se gare à un arrêt sécuritaire, et aborde calmement le garçon, gagnant sa confiance en discutant de leur amour commun pour les planches à roulettes.

Megaro ignorait que le jeune Danny Eichberg, sept ans, était autiste, qu'il avait parcouru plusieurs kilomètres loin de chez lui, que sa famille avait frénétiquement contacté la police et qu'une recherche active était en cours pour le retrouver.

Megaro a fait assoir Danny dans la première rangée, surveillant et rassurant son petit passager inattendu, tandis que les autorités tentaient de rejoindre sa famille.

« Nous sommes incroyablement reconnaissants envers... M. Megaro pour avoir pris l'initiative d'intervenir et d'assurer sa sécurité, » déclare le père du garçon, Michael Eichberg, en ajoutant « Je n'arrive pas à croire que AC Transit l'a sauvé. À son sixième anniversaire, il a même reçu un gâteau en forme d'autobus de AC Transit... Alors, vous pouvez vous imaginer ce qu'il a dû ressentir lorsque le conducteur de l'autobus s'est arrêté et qu'il lui a ouvert la porte. »

« Chaque jour, nos conducteurs interagissent directement avec près de 200 000 passagers, gérant positivement une myriade de situations relatives au service à la clientèle, » confie Michael Hursh, directeur général d'AC Transit. « En fait, les conducteurs d'AC Transit font quotidiennement des gestes exceptionnels dans notre communauté – souvent sous haute pression. »


« Quelqu'un va en avoir désespérément besoin »

Lorsqu'une petite dame âgée a tapé sur l'épaule du conducteur Dan Storozuk, du 583 – Calgary, AB, lui disant qu'elle avait trouvé un objet perdu, il n'en croyait pas ses yeux. Un portefeuille laissé par un passager contenait 1 000 $ comptant.

« J'ai déjà trouvé des objets perdus, mais celui-là était exceptionnel. Je savais que quelqu'un en aurait désespérément besoin à un moment donné », dit le conducteur.

Storozuk appelle immédiatement son superviseur Kulbir Chouhan pour signaler sa trouvaille. Chouhan a pris les choses en main et le portefeuille a retrouvé son propriétaire en moins de trois heures.

« Je gardais en tête que quelqu'un avait probablement perdu l'argent de son loyer. J'étais très heureux de le remettre à son propriétaire », confie Chouhan. Il a rencontré Bernadete Schneuiker au centre-ville de Calgary pour lui remettre son portefeuille en main propre.

« Il m'a donné un gros câlin. J'étais totalement impressionnée parce qu'ils ont pris cet incident très au sérieux. N'importe qui aurait pu le prendre. Le conducteur aurait pu être malhonnête. J'apprécie l'honnêteté du conducteur », déclare Schneuiker.

Elle a expliqué être montée à bord de l'autobus les bras chargés de sacs d'épicerie. Son portefeuille est tombé sur plancher de l'autobus. La presque totalité de l'argent qu'il contenait était dédiée à son loyer mensuel.

« J'avais perdu espoir. J'ai annulé toutes mes cartes de crédit et j'étais prête à assumer ma perte. Je suis tellement reconnaissante », dit-elle.

Pour Chouhan et Storozuk – qui joue le père Noël durant le temps des Fêtes – ce n'était qu'un jour comme les autres, durant lequel ils ont fait de leur mieux pour bien servir leurs clients.


« Je n'ai fait qu'accomplir mon devoir et être honnête »

Le conducteur Daniel Clavette, 113 – Toronto, ON, s'est vu remettre par un homme âgé un sac qu'il disait avoir trouvé sur l'un des sièges. « Il était environ 17 h 15 et je me dirigeais vers le nord pour me rendre à Scarborough Centre. Je savais qu'une fois arrivé, j'aurais un peu de temps pour ouvrir le sac et vérifier s'il contient une pièce d'identité qui me permettrait de contacter son propriétaire. »

Ce qu'il a vu dans le sac l'a abasourdi.

« Il y avait des dossiers contenant des renseignements funéraires, un passeport et deux grandes enveloppes bancaires. Lorsque j'ai ouvert l'une des enveloppes, j'ai vu des billets de 100 $ et j'ai présumé qu'il s'agissait de liasses de 10 000 $. »

Le sac contenait en fait 50 000 $ et avait été oublié par un homme ébranlé par le récent décès de sa mère.

Le conducteur a immédiatement contacté ses superviseurs. À peu près au même moment où le TTC informait la police, l'homme désespéré signalait la perte de son sac. Il était très heureux d'apprendre que son argent avait été placé en lieu sûr.

Clavette a été récompensé de sa bonne action avec un certificat de la section locale 41. Il dit que retourner cet argent était la bonne chose à faire. « Je n'ai fait qu'accomplir mon devoir et être honnête », dit-il.


Un courageux membre du 587 intervient lors d'une agression angoissante

À Port Angeles, WA, la police a salué le courage de la conductrice Joy Crummett, 60 ans, du 587 – Seattle, WA, pour l'incroyable bravoure dont elle a fait preuve lors d'une terrible agression.

C'était un samedi après-midi lorsqu'un passager de son autobus s'est soudainement levé et commencé à asséner des coups de pieds au visage d'une passagère de 80 ans en criant : « Je vais te donner une raclée... te tuer! »

Il lui a « donné des coups de poing et frappé sa tête contre le plancher », rapporte le caporal Dombrowski du Bureau du shérif de Clallam County.


La conductrice étranglée après avoir stoppé l'agression d’une dame âgée

Crummett stationne l'autobus et parvient à retirer de sa victime l'agresseur qui se débat pour se libérer. L'agresseur réussit à plaquer la conductrice à l'avant de l'autobus, non loin de la porte, et l'étrangle en criant : « laisse-moi ou je t'arrache le cou. » Crummett est sur le point de s'évanouir lorsque l'agresseur se retourne pour voir l'autre dame se relever.

Crummett réussit à se dégager, appelle à l'aide et ouvre les portes pour laisser sortir quatre autres passagers, terrifiés.

L'homme fou pousse sa première victime hors de l'autobus par la porte avant, puis il revient. Projetant apparemment de détourner l'autobus, il frappe Crummett et lui ordonne de refermer les portes.

Avec un calme remarquable, elle demande à l'homme de vérifier d'abord les portes arrière. L'assaillant étant momentanément distrait, Crummett réussit à s'échapper, à refermer les portes derrière elle – mais pas avant d'avoir désactivé la batterie.

L'assaillant a bien essayé de faire avancer l'autobus immobile avant d'être finalement arrêté. Deux accusations de voies de fait au second degré, une accusation de tentative d'enlèvement au premier degré et une accusation de tentative de vol qualifié ont été portées contre lui.

Les deux victimes ont reçu leur congé de l'hôpital après avoir souffert ce que la police appelle « des douleurs considérables ».


Les héros de Milwaukee suivis par leur agence

La section locale 998 semble compter le plus grand nombre de héros parce que le Milwaukee County Transit System (MCTS) encourage activement le public à rapporter les bonnes actions faites par ses employés. Néanmoins, ils méritent d'être mentionnés ici comme preuve supplémentaire du dévouement des membres du SUT envers les communautés qu'ils desservent.


« Hé, l'ami! Ne fais pas ça! »

Anthony Brownlee, du 998, effectuait son trajet un dimanche après-midi lorsqu'il remarqua un couple, avec un bébé, qui se battait dans un terrain de stationnement.

« Elle était sur le coffre arrière de la voiture et il avait ses mains autour de son cou. » Les gens qui assistaient à la scène ne faisaient rien pour secourir la femme.

« Il était en train de l'étrangler », raconte Brownlee. « C'est alors que j'ai ouvert la porte... et que je lui ai dit “Hé, l'ami! Ne fais pas ça! Tu ne devrais pas poser les mains sur qui que ce soit, homme ou femme.” »

Il a réussi à calmer l'homme, lui disant : « Je ne voudrais pas que tu sois accusé de violence familiale. »

La femme « a saisi le bébé et s'est réfugiée dans l'autobus », raconte Brownlee.


« N'y retourne pas »

Le conducteur a demandé à la femme si elle voulait qu'il appelle la police. Elle a refusé puis l'a remercié. Avant qu'elle descende de l'autobus, il lui a conseillé « N'y retourne pas. Parce qu'une fois qu'ils le font, ils le feront encore. »

Brownlee espère que ses actions encourageront les autres à intervenir dans les cas de violence familiale. « Dites au moins quelque chose parce qu'habituellement, si vous parlez, ils arrêteront. »


« Mon instinct a pris le dessus »

Une autre conductrice d'autobus du Milwaukee County Transit System (MCTS), Shari Carroll du 998, s'est surpassée lorsqu'elle a remarqué que le fauteuil roulant d'une passagère descendue plus tôt était coincé devant son autobus.

« Elle était simplement bloquée. Deux de ses roues étaient sur la bordure du trottoir et les deux autres étaient dans la rue. Elle n'arrivait pas à bouger et elle ne pouvait plus reculer. Elle était absolument immobilisée », raconte Carroll.

« Mon instinct a pris le dessus et je me suis dit : “Je dois au moins la retirer de la rue”. »


« C'est trop génial »

Un des passagers, John Bischoff, raconte : « Elle a simplement arrêté l'autobus et a dépassé sa simple tâche de conductrice; elle s'est dirigée vers la dame. Elle s'est mise à quatre pattes pour essayer de débloquer la transmission du fauteuil roulant et j'ai trouvé ça trop génial. »

« Je ne voulais pas que quelqu'un contourne l'autobus, spécialement en effectuant un virage illégal devant moi et frappe la dame, » dit Carroll. Bischoff et l'un de ses amis ont finalement réussi à redémarrer le fauteuil motorisé.

Bischoff avoue que lui et les autres passagers étaient impressionnés. Carroll, quant à elle, dit qu'elle est surprise de toute cette attention, mais qu'elle est également reconnaissante.


Neuf semaines

Tous les incidents relatés ci-dessus se sont produits entre le 16 avril et le 16 juin – neuf semaines dans la vie des membres du SUT, au Canada et aux États-Unis. Ceux qui lisent le In Transit savent que ces évènements ne sont pas inhabituels. Des rapports de bonnes actions faites par nos membres au sein de leurs communautés inondent l'International sur une base hebdomadaire.

Et nous savons que celles-ci ne représentent que la « pointe de l'iceberg ». Les membres du SUT effectuent des centaines de gestes désintéressés chaque jour sans que personne n'en entende parler. Si vous connaissez un membre du SUT que vous estimez être un héros, envoyez son histoire au bureau du président Hanley à l'adresse officeofthepresident@atu.org.

Mettre en vedette ces neuf membres est notre façon d'honorer les héros inconnus du SUT qui surpassent régulièrement leurs tâches simplement parce c'est la chose correcte à faire. Vous nous rendez « fiers d'appartenir au SUT. »